C’est une déclaration pour le moins déroutante. Après sa visite médicale devant le Collège de médecins multidisciplinaires, le candidat indépendant Alpha Condé 2 a surpris tout le pays ce vendredi en lançant un appel inattendu : il demande au président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, de payer à sa place la caution présidentielle fixée à 900 millions de francs guinéens.
« La visite médicale s’est bien passée. Pour briguer la magistrature suprême, il faut être en bonne santé, et je le suis », a-t-il déclaré avec assurance, avant de glisser dans un ton flatteur :
« Je remercie le président Mamadi Doumbouya et son gouvernement. Grâce à lui, mon nom résonne aujourd’hui dans toute la Guinée. Sous Alpha Condé, mon homonyme, on n’a jamais obtenu notre agrément politique. »
Mais c’est surtout sa demande de financement direct par le chef de la junte qui fait polémique. Alpha Condé 2 a justifié sa requête en invoquant des précédents africains :
« Lansana Conté finançait les opposants. Houphouët-Boigny a aidé Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara a soutenu Adama Dahico. Donc, si Mamadi Doumbouya me finance aujourd’hui, c’est normal. »
Une affirmation pour le moins maladroite dans un contexte où la neutralité du pouvoir est un principe fondamental du jeu démocratique. Incapable de réunir la somme exigée, le candidat en appelle désormais à la solidarité nationale :
« La caution n’est pas encore payée. Si quelqu’un veut nous aider, il peut le faire en mon nom. »
Malgré ce manque de moyens, Alpha Condé 2 se dit convaincu d’une victoire écrasante :
« La Forêt, la Haute Guinée, la Moyenne Guinée et la Basse Côte voteront pour moi. Tous les militants du RPG sont avec moi. »
En conclusion, il affirme vouloir collaborer avec tout futur président, même en cas de défaite.
Mais cette sortie spectaculaire divise l’opinion. Entre flatterie politique et méconnaissance des règles démocratiques, elle illustre un phénomène préoccupant : la légèreté avec laquelle certains candidats abordent la plus haute fonction de l’État. Dans une Guinée confrontée à la pauvreté et aux tensions institutionnelles, voir un prétendant à la présidence supplier le chef de l’État de financer sa candidature frôle l’indécence politique.
— LeCri24
