CONAKRY, Guinée – Face à la grève déclenchée dans le secteur éducatif, le Premier ministre Bah Oury a réagi avec célérité en recevant, ce mardi, une délégation de l’intersyndicale des enseignants. L’objectif : ouvrir un dialogue franc pour trouver une issue concertée à ce mouvement social qui secoue le système éducatif guinéen.
Le point de tension : le Décret N°0027 du 24 janvier 2024
Au cœur du bras de fer figure la non-application du Décret N°0027, relatif à l’avancement de grade des fonctionnaires. Pour les enseignants, ce texte signé il y a près d’un an devait marquer une avancée dans l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.
Mohamed Soumaoro, porte-parole de l’intersyndicale, a été clair devant le chef du gouvernement :
« Le problème nodal, c’est la non-application du décret 0027 signé le 24 janvier 2024. D’autres décrets pris dans le même cadre ont été appliqués, mais pas le nôtre. »
Une inégalité de traitement que les syndicats jugent inacceptable, réclamant l’application immédiate de cette mesure présidentielle.
Un mouvement pacifique et encadré
Contrairement à certaines grèves par le passé, les enseignants affirment avoir opté pour une grève disciplinée et pacifique. L’intersyndicale a insisté sur la nécessité d’éviter toute violence ou perturbation de la vie publique :
« Zéro violence. Notre grève se limite entre les murs des institutions. Personne ne doit empêcher la libre circulation des citoyens. »
Cette posture témoigne d’une volonté de maintenir le dialogue social tout en revendiquant leurs droits légitimes.
Bah Oury prône le dialogue et l’action rapide
Saluant la maturité et le sens de responsabilité des syndicats, le Premier ministre Bah Oury a rappelé que la stabilité sociale restait une priorité du gouvernement.
Il a aussitôt instruit l’ouverture immédiate des négociations sous la médiation du Conseil national du dialogue social (CNDS), l’organe compétent pour arbitrer ce type de différends.
Le CNDS devra désormais jouer un rôle déterminant dans la recherche d’un compromis autour du Décret N°0027 et de la fin de la grève dans le secteur éducatif.
Alors que les cours restent suspendus dans plusieurs établissements, enseignants et autorités semblent engagés sur la voie du dialogue — une étape cruciale pour préserver l’année scolaire et restaurer la confiance entre les deux parties.
— La Rédaction ! LeCri24
