C’est désormais officiel. Le chef de la transition guinéenne, le général Mamadi Doumbouya, a déposé ce lundi 3 novembre 2025 son dossier de candidature à l’élection présidentielle prévue le 28 décembre prochain. Une décision qui marque un tournant historique dans le processus politique du pays.
Une candidature désormais actée
Selon plusieurs sources concordantes, dont Reuters, TV5 Monde et RFI, le général Mamadi Doumbouya a officiellement soumis son dossier auprès de la Cour suprême à Conakry. Ce dépôt intervient le jour même de la clôture de la période de dépôt des candidatures, confirmant ainsi ce que beaucoup pressentaient depuis plusieurs semaines.
Le chef de la junte, arrivé au pouvoir le 5 septembre 2021 après avoir renversé le président Alpha Condé, avait pourtant affirmé à plusieurs reprises qu’il ne se présenterait pas aux élections de fin de transition.
« Je ne serai pas candidat à la présidentielle. Ma mission est de refonder l’État et de rendre le pouvoir au peuple », avait-il déclaré en 2022.
Trois ans plus tard, le discours a changé.
Un cadre constitutionnel favorable
Adoptée en septembre 2025, la nouvelle Constitution issue du référendum national ne comporte plus la clause qui interdisait aux membres du CNRD (Comité national du rassemblement pour le développement) de participer aux élections. Ce changement ouvre désormais la voie à la participation de Mamadi Doumbouya à la présidentielle.
Pour certains observateurs, cette réforme aurait été pensée pour légaliser sa candidature et lui permettre de conserver le pouvoir par les urnes.
« C’est un scénario écrit depuis longtemps. Le général veut se donner une légitimité électorale », analyse un politologue guinéen contacté par LeCri24.
Réactions contrastées
Dans les rues de Conakry, la nouvelle suscite des réactions partagées.
Certains citoyens voient en Doumbouya un homme fort capable de garantir la stabilité, tandis que d’autres dénoncent une confiscation du pouvoir.
« Il a fait des promesses qu’il n’a pas tenues. Cette candidature est une trahison de la parole donnée », déplore un militant de la société civile.
L’opposition, encore divisée, promet d’organiser des manifestations pacifiques pour « défendre la démocratie ».
Ce qui attend la Guinée
La Cour suprême devrait publier dans les prochains jours la liste officielle des candidats retenus pour l’élection du 28 décembre.
Si la candidature de Doumbouya est validée sans recours, la campagne électorale s’annonce tendue, dans un contexte économique difficile et de fortes attentes sociales.
Le scrutin présidentiel de 2025 pourrait ainsi sceller le retour du général à la tête du pays, cette fois par les urnes — ou ouvrir un nouveau chapitre d’incertitudes pour la Guinée.
— Barry Mamadou Alpha pour LeCri24
