La remise officielle du Programme Simandou 2040 au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, a marqué une étape clé dans la stratégie économique nationale.
À cette occasion, Ibrahima Kalil Keita, Directeur général des Projets Miniers, a tenu à clarifier la position de la Guinée dans le gigantesque projet Simandou, souvent sujet à débat sur les réseaux sociaux.
15 % de participation garantie pour l’État : un acquis historique
Contrairement aux anciens accords miniers souvent déséquilibrés, la Guinée détient désormais 15 % de parts non dilutives et non contributives dans toutes les composantes du projet :
- Les mines (blocs 1 à 4)
- Le chemin de fer de plus de 650 km à double voie
- Le port en eau profonde et commercial
- Et la future aciérie destinée à transformer le minerai sur place
Autrement dit, l’État obtient des parts gratuites et définitives, sans avoir à investir un seul dollar. Une première dans l’histoire minière du pays.
Un modèle incomparable avec la SAG et la CBG
Depuis cette annonce, plusieurs internautes ont tenté d’établir un parallèle entre Simandou et d’autres projets comme la SAG ou la CBG.
Mais pour M. Keita, cette comparaison « n’a pas de fondement économique ».
- La SAG, évaluée à moins de 2 milliards USD, se limite à une exploitation aurifère, sans infrastructures ferroviaires ni portuaires, avec une participation guinéenne de 15 % uniquement sur la mine.
- La CBG, lancée dans les années 1960, fut financée par la Guinée elle-même à hauteur de 650 millions USD, mais dans un contexte où l’État assumait seul les infrastructures (mine, cité, rail et port).
« À l’époque, le pays manquait de cadre légal et de données comparatives. Aujourd’hui, la Guinée dispose d’un code minier solide, de partenaires internationaux et d’une stratégie claire axée sur les revenus », explique le Directeur des Projets Miniers.
Un projet soutenu par une vision économique et sociale
Au-delà de l’exploitation du fer, Simandou 2040 incarne une vision de transformation.
Le programme, qui s’étend jusqu’en 2040, a pour ambition de faire des retombées minières un levier concret de développement : routes, écoles, hôpitaux, zones industrielles et emploi local.
Les infrastructures du projet seront ouvertes à l’usage partagé :
- Multi-usagers (minerai, marchandises, passagers)
- Multi-projets (autres exploitations minières stratégiques)
C’est une innovation majeure, selon M. Keita, qui « garantit que le développement minier profite à toute la nation, et non à un seul opérateur ».
Des revenus attendus à la hauteur des ambitions
Actuellement, l’ensemble du secteur minier guinéen génère environ 1,3 milliard USD de revenus par an.
À lui seul, Simandou pourrait rapporter plus de 2 milliards USD par an, soit près du double.
Une performance qui ferait de ce projet le principal moteur économique du pays, renforçant les capacités de financement de l’État et soutenant le Programme de Développement National.
Une gouvernance patriote et structurée
Le projet a été négocié sous la supervision du Comité stratégique de Simandou, présidé par Djiba Diakité, Ministre Directeur de Cabinet à la Présidence, avec l’appui de trois cabinets internationaux spécialisés dans les volets juridique, technique et financier.
« Cette approche a permis d’éviter les erreurs du passé et d’assurer un partenariat équilibré, transparent et durable », souligne M. Keita.
Une reconnaissance nationale
Le Directeur général des Projets Miniers a conclu son intervention en rendant hommage à la vision du Chef de l’État :
« Grâce au leadership du Général Mamadi Doumbouya, la Guinée s’impose désormais comme un acteur souverain dans la chaîne de valeur minière mondiale. »
Il a également salué le travail du Comité stratégique pour son patriotisme, sa rigueur et sa fidélité à la République durant tout le processus de négociation.
Une nouvelle ère pour la Guinée
En liant pour la première fois un projet minier d’envergure mondiale à un programme national de développement durable, la Guinée fait un pas décisif vers la souveraineté économique.
Simandou 2040 n’est pas seulement un projet minier : c’est le socle d’un avenir où les richesses naturelles serviront enfin le bien-être collectif.
— Barry Mamadou Alpha pour LeCri24
