La ville de Garoua, dans le nord du Cameroun, est devenue ce dimanche le théâtre d’affrontements violents entre les partisans d’Issa Tchiroma Bakary et les forces de sécurité. La tension, palpable depuis plusieurs jours, a finalement dégénéré aux abords de la résidence de l’ancien ministre.
Selon plusieurs journalistes présents dans la région, l’accès des médias a été strictement interdit. Des reporters auraient même été interpellés par les forces de l’ordre. L’un d’eux, joint par téléphone, évoque une situation « incontrôlable » : des tirs nourris, des blessés et plusieurs morts non confirmés pour l’instant.
Un correspondant de la BBC, également sur place, affirme avoir entendu des coups de feu alors qu’il échangeait avec des confrères proches du domicile de Tchiroma.
Sur les réseaux sociaux, Issa Tchiroma a dénoncé un « assaut armé » contre sa résidence, accusant les autorités d’avoir ouvert le feu sur des civils. « Ils tirent sur des gens pacifiques qui campent devant chez moi », a-t-il écrit, appelant ses soutiens à « rester debout mais prudents ».
Ces violences surviennent au lendemain d’une mise en garde du ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, qui avait qualifié les manifestations autour de Tchiroma de « totalement illégales ». Il avait prévenu que des mesures fermes seraient prises contre « les fauteurs de troubles ».
À Garoua, le calme reste précaire. Les habitants, terrés chez eux, redoutent de nouveaux affrontements. Plusieurs observateurs appellent à une désescalade rapide pour éviter que la crise ne s’étende à d’autres régions.
— Barry Mamadou Alpha pour LeCri24
