Accéder aux hautes fonctions de l’État sans ancrage électoral, c’est bâtir sur du sable : tôt ou tard, la chute devient inévitable.
Dans l’arène politique guinéenne, certains responsables surgissent au sommet sans jamais avoir affronté le suffrage populaire. Ils vivent alors dans la crainte permanente d’être évincés, conscients qu’ils doivent leur destin non pas au peuple, mais au hasard ou aux faveurs d’un mentor. Fragiles, ils s’accrochent au pouvoir, espérant échapper à l’inévitable disgrâce.
Nombre de commis de l’État oublient qu’ils sont passés par la rotation qui les a jadis favorisés. L’alternance, pourtant source de leur ascension, devient pour eux insupportable. « Ôte-toi de là que je m’y mette » se transforme aussitôt en « J’y suis, j’y reste ». Dans leur insatiable soif de privilèges, certains vont jusqu’à défier leur propre bienfaiteur, mordant la main qui les a nourris, au risque de sombrer dans le ridicule.
Mais l’histoire finit toujours par rattraper les « parachutés ». Sans gloire électorale ni popularité réelle, ils deviennent des tigres de papier, des grenouilles qui se prennent pour des bœufs. Le peuple, lui, reste souverain et lucide : il sait distinguer les carrières fabriquées des destins forgés dans les urnes. Comme le disait Nietzsche, « il vaut mieux être à la périphérie de ce qui s’élève qu’au cœur de ce qui s’effondre ».
Au final, ces hommes à deux visages, séduisants dans l’opposition mais disqualifiés au pouvoir, n’auront laissé derrière eux qu’un triste destin. Leur arrogance sans électeurs n’aura été qu’un feu de paille, condamné à s’éteindre dans l’oubli.
— Barry Mamadou Alpha pour LeCri24
