Dans un discours solennel, le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a dénoncé la gouvernance actuelle et appelé ses militants ainsi que l’ensemble des Guinéens à boycotter le référendum constitutionnel prévu le 21 septembre 2025.
L’opposant historique, visiblement marqué par « les épreuves et les injustices », a affirmé que la Guinée vit aujourd’hui « l’enterrement de la démocratie » et une « confiscation du pouvoir par un régime militaire intolérant ». Selon lui, les promesses du 5 septembre, qui devaient ouvrir une ère de renouveau, se sont transformées en « trahison et déclin ».
Un tableau sombre dressé par l’opposition
Dans son intervention, Cellou Dalein Diallo a dénoncé des « assassinats impunis de jeunes manifestants », des « disparitions forcées », des « morts suspectes en détention » ainsi que la fermeture de médias et la restriction des libertés publiques. « L’État est devenu la principale source d’insécurité », a-t-il martelé.
Le président de l’UFDG a également critiqué la gestion des ressources naturelles du pays. Bien que la Guinée ait exporté près de 147 millions de tonnes de bauxite en 2024 et vise 200 millions en 2025, il estime que « les fruits de cette croissance ne profitent pas à la population », mais servent à enrichir les dirigeants et à « financer des campagnes pour le maintien au pouvoir ».
Boycott et mobilisation
Face à ce constat, l’opposant appelle ses militants et les Guinéens favorables à la démocratie à « ne pas se rendre aux urnes » le 21 septembre. « Même si vous votez non, votre vote sera compté oui », a-t-il averti, qualifiant le processus de « mascarade électorale ».
L’UFDG affirme rester soudé malgré les tentatives de « débauchage et de démission » en son sein. « Notre force est dans la conviction de nos militants et la confiance du peuple de Guinée », a insisté Cellou Dalein Diallo.
Un appel à l’unité nationale
Au-delà de son parti, l’ancien Premier ministre a exhorté les Guinéens à se lever « au nom de la dignité, de la liberté et de l’avenir de la nation ». « La Guinée est notre maison commune, aucune appartenance politique, régionale ou ethnique ne doit nous diviser », a-t-il souligné.
Il a enfin tendu la main à la communauté internationale, l’appelant à « ne pas cautionner une parodie de démocratie » et à soutenir le peuple guinéen dans sa quête de justice et de liberté.
Dans un ton combatif, Cellou Dalein Diallo a conclu son discours en affirmant que la dictature « ne pourra être vaincue que par l’unité, la détermination et l’esprit de sacrifice ». « Je crois en la Guinée, je crois en vous. Ensemble, nous vaincrons », a-t-il lancé à ses partisans.
— Barry Mamadou Alpha pour LeCri24
