Les Forces Vives de Guinée (FVG) ont annoncé, dimanche 10 août 2025, la reprise des manifestations pacifiques dans tout le pays à partir du 5 septembre prochain. Une date hautement symbolique qui marque également le quatrième anniversaire du coup d’État militaire du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), conduit par le colonel Mamadi Doumbouya.
Selon un communiqué diffusé à l’issue d’une plénière virtuelle, les FVG — coalition regroupant partis politiques d’opposition, organisations de la société civile et syndicats — entendent mobiliser à la fois en Guinée et dans la diaspora pour dénoncer ce qu’elles qualifient de « confiscation du pouvoir » et de « violation des engagements de la transition ».
Un climat politique verrouillé
Depuis près de quatre ans, toute manifestation publique est interdite en Guinée, et les tentatives sporadiques ont été sévèrement réprimées. Malgré ce contexte, les Forces Vives affirment vouloir reprendre la rue pour faire pression sur le pouvoir militaire et exiger un calendrier clair de retour à l’ordre constitutionnel.
« Le peuple de Guinée doit reprendre son destin en main. Nous ne pouvons accepter que la confiscation du pouvoir devienne une norme », a déclaré un porte-parole de la coalition.
L’appel de Cellou Dalein Diallo
Dès le samedi 9 août, l’ancien Premier ministre et leader de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, avait donné le ton lors d’une visioconférence avec ses partisans. Il les a exhortés à se tenir prêts à « agir au moment opportun », précisant que la date du 5 septembre devait être « un signal fort adressé à la junte ».
Une date à forte charge symbolique
Le 5 septembre 2021, le colonel Mamadi Doumbouya prenait le pouvoir en renversant le président Alpha Condé. Quatre ans plus tard, cette même date pourrait devenir un point de convergence entre les célébrations officielles du CNRD et les protestations populaires de l’opposition.
Les FVG prévoient également des actions coordonnées à l’international, notamment dans les pays à forte présence de la diaspora guinéenne, pour renforcer la portée du message.
Incertitudes et enjeux
La réussite de cette mobilisation reste conditionnée à la capacité des organisateurs à braver l’interdiction des rassemblements publics et à éviter les risques d’affrontements. Pour de nombreux observateurs, le 5 septembre 2025 pourrait constituer un test majeur pour mesurer le rapport de force entre le CNRD et ses opposants.
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