Dans un pays déjà secoué par de multiples tensions, l’affaire Mohamed Traoré fait frémir. Enlevé à son domicile dans la nuit du 20 au 21 juin 2025, l’ancien bâtonnier a été retrouvé ce samedi matin, abandonné à Bangouya, dans la préfecture de Coyah, dans un état critique.
Il est un nom que la Guinée connaît bien : Me Mohamed Traoré, avocat respecté, ancien membre du Conseil National de la Transition (CNT), et fervent défenseur des libertés fondamentales. Dans la nuit du vendredi à samedi, aux alentours de 3 heures du matin, six hommes encagoulés ont fait irruption à son domicile à Sonfonia. Armés et déterminés, ils ont agi avec méthode : « Ils ont demandé un certain Keïta, puis se sont tournés vers lui sans jamais justifier leur présence », raconte un proche de la famille encore sous le choc.
Pas de violence apparente, mais une peur glaciale. « Ils étaient en civil, certains portaient des pantalons de gendarmes », confie un membre du voisinage. Aucune explication, aucun mandat, juste une disparition brutale. Rapidement, l’information s’est propagée dans la capitale, suscitant une vive inquiétude au sein de la société civile et du monde judiciaire.
Ce samedi matin, l’angoisse a laissé place à l’horreur. Me Traoré a été retrouvé abandonné à Bangouya, grièvement affaibli. Selon nos informations, il aurait été laissé à même le sol, inconscient, loin de tout. Son transfert vers une structure hospitalière a été immédiat.
Réactions en chaîne
De l’OGDH (Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme) aux syndicats d’avocats, les condamnations fusent. Tous dénoncent un climat d’insécurité croissante et un ciblage inacceptable de ceux qui osent s’exprimer. « C’est une attaque contre l’État de droit et la justice indépendante », a déclaré un représentant de la société civile, appelant à une mobilisation générale.
Critique du pouvoir actuel, Me Traoré avait quitté le CNT en 2024 en dénonçant des dérives institutionnelles. Pour beaucoup, ce passé engagé n’est pas étranger à ce qui vient de se produire.
La Guinée à la croisée des chemins
Ce rapt ne peut être vu comme un simple fait divers. Il soulève des interrogations profondes sur la sécurité des citoyens et la volonté politique de garantir les droits fondamentaux. Lorsque même les avocats deviennent des cibles, que reste-t-il des piliers de la justice ?
Pour l’instant, aucune déclaration officielle n’a été faite par les autorités sur l’identité des ravisseurs ou les raisons de cet enlèvement. Mais une chose est certaine : la lumière devra être faite, et vite.
🔎 La nation guinéenne attend des réponses. Car il ne s’agit pas seulement de Me Traoré, mais de la démocratie elle-même.
✍️ Barry Mamadou Alpha
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