Alors que des milliers de Guinéens ont pris la route pour célébrer la Tabaski dans leurs régions d’origine, un autre fléau s’est invité à la fête : les accidents de circulation et les embouteillages monstres. Entre Conakry, Kindia et Linsan, la route s’est transformée en calvaire, et pour certains, en tragédie.
Des routes prises d’assaut… au péril de vies humaines
Comme chaque année, la fête de l’Aïd el-Kébir (Tabaski) a poussé des milliers de familles à quitter Conakry pour rejoindre l’intérieur du pays. Cette ruée vers les régions a engendré une pression inhabituelle sur les principaux axes routiers. Résultat : des dizaines d’accidents ont été signalés entre le jeudi 29 mai et le mardi 4 juin, selon plusieurs sources locales.
« Nous étions coincés pendant plus de 9 heures entre Coyah et Linsan. Il y avait un camion-citerne renversé et plusieurs véhicules accidentés. C’était chaotique », témoigne un voyageur rencontré sur la route de Mamou.
Sur certaines portions de la nationale, notamment à hauteur de Linsan, la circulation a été presque paralysée par des camions immobilisés, des voitures en panne et une route étroite incapable d’absorber un tel flux. De nombreux automobilistes ont dormi sur place, faute d’alternatives.
Conakry à Linsan : l’embouteillage devenu rituel
La route Conakry–Mamou, passage obligé vers Faranah, Kankan, Labé ou encore N’zérékoré, s’est révélée être un piège cette année encore. L’embouteillage entre Coyah et Linsan, un tronçon déjà notoirement saturé en temps normal, s’est transformé en véritable cauchemar.
« Il y avait des centaines de voitures bloquées, des familles entières fatiguées, des enfants qui pleuraient, et surtout aucun secours en vue. On se sent abandonnés », a confié un chauffeur de taxi interurbain.
Des prix de bétail qui flambent… malgré tout
Autre réalité marquante cette semaine de fête : la flambée des prix du bétail. À cause des difficultés de transport et des coûts élevés liés à l’acheminement des animaux vers Conakry, les prix des moutons, boucs et bœufs ont bondi.
Dans plusieurs marchés à bétail de la capitale, le mouton moyen se négociait entre 1.800.000 GNF et 3.000.000 GNF, contre 1.200.000 à 2.000.000 GNF les années précédentes. Certains vendeurs pointent du doigt le coût du carburant et les tracasseries routières comme principales causes de cette hausse.
L’urgence d’agir
Face à cette situation récurrente, des voix s’élèvent pour demander un plan national d’urgence sur la sécurité routière et la fluidité du trafic en période de fête. Des mesures de régulation, la mobilisation des forces de l’ordre, des opérations de dégagement et surtout l’entretien des routes sont indispensables pour éviter que ces tragédies ne se répètent.
⏳ À chaque fête religieuse, la route devient un champ de bataille silencieux. Tant que les infrastructures resteront inadaptées et la prévention absente, les tragédies de la route continueront de voler des vies et ternir l’esprit de fête. À quand une vraie stratégie nationale pour des déplacements sûrs ?
✍️ Barry Mamadou Alpha
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