C’est une déclaration qui fait l’effet d’une bombe dans la sphère sécuritaire ouest-africaine. Le général Christopher Musa, chef d’état-major des forces armées nigérianes, a proposé une mesure radicale : la fermeture totale des frontières terrestres du Nigeria.
🎯 Objectif : reprendre le contrôle face aux infiltrations jihadistes, notamment dans le nord-est du pays, théâtre d’une insurrection meurtrière depuis plus de 16 ans. Une menace persistante portée par des groupes extrémistes tels que Boko Haram ou l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), qui profiteraient des frontières poreuses pour se ravitailler et se replier.
« Il est temps d’envisager des actions exceptionnelles. Nos frontières sont devenues des passerelles pour les ennemis de la paix », a affirmé le général Musa lors d’un point presse à Abuja, marquant ainsi la première prise de position officielle d’un haut gradé pour un tel verrouillage territorial.
🔍 Une telle stratégie suscite déjà des débats. Si certains y voient un signal fort pour restaurer la sécurité, d’autres alertent sur les répercussions économiques et humanitaires d’une fermeture prolongée, notamment pour les populations frontalières dépendantes des échanges transfrontaliers.
La proposition n’est pas encore entérinée par le gouvernement, mais elle traduit un tournant dans la doctrine militaire nigériane, à l’heure où la stabilité régionale reste fragile. Le Nigeria partage plus de 4 000 km de frontières avec le Bénin, le Niger, le Tchad et le Cameroun – autant de points sensibles dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.
La question désormais : cette mesure serait-elle efficace sans coopération régionale renforcée ?
✍️ Barry Mamadou Alpha
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