Des immeubles luxueux, une école et même une usine agricole… Ce jeudi 29 mai 2025, l’État guinéen met en vente une partie des biens saisis à l’ancien ministre de la Défense, Dr. Mohamed Diané. Une décision qui alimente le débat sur la justice, la politique et la moralité publique.
🔹 Une vente sous haute tension judiciaire et politique
Condamné en décembre 2024 à cinq ans de prison ferme et à verser 500 milliards de francs guinéens à l’État pour détournement de deniers publics, Dr. Mohamed Diané voit une partie de son patrimoine mise sous le marteau des enchères. Selon le directeur général de l’AGRASC (Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Saisis et Confisqués), Alpha Sény Camara, « le juge a ordonné que, quel que soit le recours intenté, le quart du montant, soit 125 milliards GNF, doit être immédiatement recouvré ».
C’est dans cette logique que l’AGRASC a annoncé la mise en vente, à son siège de Kaloum, de cinq biens attribués à l’ex-ministre :
- Un immeuble R+8 à Almamy, Kaloum ;
- Un immeuble R+10 à Sandervalia, 2e avenue, Kaloum ;
- Un immeuble R+8 à Yattaya, Ratoma ;
- Une école R+5 à Missira (Kankan) ;
- Une usine agro-industrielle dans la même localité, dotée de hangars et d’une plantation d’anacarde.
🔹 Doutes, revirements et contestations
Si cette vente semble balisée légalement, elle ne fait pas l’unanimité. D’après plusieurs sources proches de la défense, une « contestation sérieuse, réelle et pratique » a été introduite devant la CRIEF (Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières), affirmant que Dr. Diané ne serait ni propriétaire, ni associé, ni même lié à certains des biens saisis.
Un revirement inattendu, alors que pendant des années, le nom de l’ex-ministre était associé à une richesse immobilière presque tentaculaire. Passé de simple enseignant en 2009 à ministre milliardaire sous Alpha Condé, son ascension fulgurante suscite de vives interrogations. « Un citoyen ne doit pas être plus riche que l’État. Mais en Guinée, ça existe », a déploré Alpha Sény Camara, évoquant un système gangrené par l’enrichissement illicite.
🔹 Entre justice et règlement de comptes ?
Pour certains observateurs, ce procès dépasse le cadre judiciaire. « Ce n’est pas une justice, c’est une vendetta politique », dénoncent des proches du RPG Arc-en-ciel, qui y voient une volonté d’éliminer des figures influentes de l’ancien régime. La CRIEF est ainsi accusée par certains de mener une « chasse aux sorcières », notamment contre les anciens cadres du parti d’Alpha Condé.
Malgré ces tensions, l’État guinéen semble déterminé à faire appliquer la décision de justice. L’AGRASC assure que la procédure suit strictement le cadre légal, avec l’appui de plusieurs huissiers et d’un commissaire-priseur.
🔹 Informations pratiques
La vente publique aura lieu ce jeudi 29 mai 2025 à 10h à la Cité des Nations (Kaloum). Les personnes intéressées peuvent contacter :
- M. Alpha Sény Camara (AGRASC) : 622 09 91 91
- Me Mohamed Houssein Zohra, huissier : 622 42 33 77
- Me Mama Moussa Condé, huissier : 628 70 93 58
- Me Alhousseine Sidibé, commissaire-priseur : 622 04 73 67
Alors que l’État entend récupérer les fonds publics supposément détournés, cette vente cristallise une lutte plus large entre justice, transparence et règlement de comptes politiques. Reste à voir si la vérité judiciaire tiendra face aux contestations et aux remous que suscite cette affaire explosive.
✍️ Barry Mamadou Alpha
📞 628 58 42 03 / 664 58 42 03
