Le numérique transforme la culture, et la Guinée entend bien y jouer sa partition. À Québec, lors de la 5e Conférence des ministres de la Culture de la Francophonie, le ministre Moussa Moïse Sylla s’est imposé comme l’un des porte-voix d’une Francophonie plus juste, plus inclusive, et résolument tournée vers l’avenir.
Québec, 23 mai 2025 — Une voix africaine forte et déterminée s’est faite entendre à la tribune de la 5e Conférence des ministres de la Culture de la Francophonie (CMCF), ouverte ce vendredi à Québec : celle de la Guinée, portée par son ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla.
Dans une ambiance solennelle mais résolument tournée vers l’avenir, les travaux de cette rencontre internationale ont débuté sous la présidence du ministre québécois de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe. Très attendue, cette conférence marque un temps fort de la coopération culturelle francophone, sept ans après la dernière édition tenue à Abidjan.
Dès l’ouverture, la délégation guinéenne a brillé par sa présence active, participant à un premier panel de haut niveau sur un thème crucial : « Bilan et perspectives sur la diversité culturelle à l’ère numérique ». Autour de la table, des figures majeures de la francophonie culturelle comme Françoise Remarck (Côte d’Ivoire) et Luc Allaire (France), dans un échange de fond sur les nouveaux défis que le numérique impose aux politiques culturelles.
Moussa Moïse Sylla, en porte-étendard d’une Guinée numérique, a été officiellement invité à intervenir sur ce thème stratégique. Il y a exposé la vision guinéenne : celle d’un pays qui entend faire du numérique une opportunité pour valoriser sa diversité culturelle et linguistique, renforcer la découvrabilité de ses artistes, et protéger ses identités à l’ère des plateformes mondialisées.
« Le numérique n’est pas une menace pour nos cultures, mais un levier pour leur rayonnement, si nous savons en faire un espace de souveraineté », a-t-il affirmé, salué par ses homologues pour la clarté de ses engagements.
La journée a également donné lieu à des échanges autour de deux autres axes majeurs :
- Les arts et la culture à l’ère du numérique : trajectoires de visibilité et d’inspiration,
- Souveraineté culturelle : construire un environnement numérique francophone dynamique et inclusif.
Ces discussions s’inscrivent dans le sillage des grandes déclarations francophones récentes – Djerba (2022), Villers-Cotterêts (2024) – qui appellent à une Francophonie numérique éthique, équitable et plurielle.
La conférence vise à accoucher d’une déclaration commune ambitieuse, engageant les États membres et les institutions partenaires, dont l’OIF, à concrétiser ces priorités par des actions coordonnées sur la scène internationale, notamment auprès de l’UNESCO.
La participation de la Guinée à cet événement marque un tournant : elle ne veut plus être spectatrice des grandes mutations numériques mondiales, mais actrice engagée de l’espace culturel francophone.
À Québec, la Guinée n’a pas seulement pris la parole. Elle a pris sa place. Et dans cette Francophonie en mutation, le message est clair : les cultures africaines, connectées et affirmées, ont leur avenir entre leurs mains.
✍️ Barry Mamadou Alpha
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