Dans une déclaration forte et symbolique, le président burkinabè Ibrahim Traoré a annoncé que l’État a désormais le contrôle des mines d’or de Boungou et de Wahgnion, deux sites majeurs jusqu’ici exploités par la société britannique Endeavour Mining. Une décision qui marque un tournant dans la politique économique du pays.
« Le peuple doit bénéficier directement des richesses de son sol », a affirmé le chef de l’État dans un discours télévisé suivi avec attention à travers tout le pays. Pour lui, la nationalisation de ces sites miniers n’est pas un simple changement de propriétaire, mais une reconquête économique, un levier pour financer la santé, l’éducation, les infrastructures et renforcer la souveraineté nationale.
Sur le terrain, de nombreux Burkinabè saluent cette orientation. « Pendant trop longtemps, l’or partait ailleurs. Aujourd’hui, il doit briller pour nous aussi », confie Idrissa, commerçant à Ouagadougou. Ce sentiment est partagé dans plusieurs localités proches des zones minières, souvent marquées par la pauvreté malgré la présence de ressources naturelles abondantes.
Mais cette reprise en main n’est pas sans conséquences. Certains partenaires internationaux expriment des inquiétudes, redoutant un climat moins favorable aux investissements étrangers. Le gouvernement, de son côté, reste ferme : « Le Burkina Faso reste ouvert à la coopération, mais sur la base de l’équité et du respect de notre souveraineté », a précisé un haut responsable du ministère des Mines.
Dans un contexte régional où d’autres pays comme le Mali et le Niger prennent également leurs distances avec les anciennes puissances, cette décision renforce l’image d’un Burkina Faso affirmé et tourné vers une gestion plus autonome de ses ressources.
Le pari est audacieux. Mais pour le président Traoré, il n’est plus question de reculer. L’or ne sera plus seulement un produit d’exportation. Il devient un outil de développement national.
✍️ Barry Mamadou Alpha
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