Lunyasenge (RDC), 3 mai 2025 – La tension reste vive dans l’est de la République démocratique du Congo après la prise de Lunyasenge, ville stratégique située sur la côte ouest du lac Édouard, par les rebelles du M23 et leurs alliés. Ce nouveau revers pour l’armée congolaise intervient à la suite de violents affrontements qui ont fait 17 morts, dont sept soldats, selon des sources officielles.
Le communiqué de l’armée congolaise, publié dans la soirée de vendredi, a confirmé la perte de contrôle de la ville et évoque une « retraite stratégique » face à la pression militaire imposée par les insurgés. Les combats se sont intensifiés dans cette zone ces dernières semaines, marquant une escalade alarmante dans la région du Nord-Kivu, déjà lourdement éprouvée par des années de conflit.
« La ville est tombée après plusieurs heures de résistance. Nos troupes se réorganisent pour reprendre le contrôle », a déclaré un officier militaire à Goma, sous couvert d’anonymat.
Une avancée préoccupante pour les civils
La chute de Lunyasenge inquiète particulièrement les ONG humanitaires sur le terrain, alors que des milliers de civils se sont déjà déplacés vers les villages avoisinants. Plusieurs témoignages font état de pillages, de peurs massives et d’un manque de vivres dans les zones les plus proches des affrontements.
Le M23, mouvement rebelle actif depuis plus d’une décennie, est accusé par Kinshasa de bénéficier du soutien de puissances étrangères, bien que ces allégations soient niées par les pays concernés, notamment le Rwanda.
Une région en crise prolongée
La province du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda et de l’Ouganda, reste l’un des épicentres de la violence armée en RDC. Malgré les efforts diplomatiques régionaux et les opérations conjointes, les groupes armés continuent de gagner du terrain, mettant à rude épreuve les capacités des forces congolaises.
À ce jour, plus de 100 groupes armés seraient actifs dans l’est du pays, selon les estimations de l’ONU.
✍️ Barry Mamadou Alpha
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