Bamako, 29 avril 2025 — Le Mali vient de franchir une étape cruciale dans sa transition politique. À l’issue des Assises des Forces Vives de la Nation, le Général Assimi Goïta a été officiellement élevé au rang de Président de la République. Il dirigera le pays pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois.
Cette décision marque une nouvelle phase pour le régime militaire en place depuis 2021, lorsque Goïta avait pris le pouvoir à la suite d’un coup d’État contre le président Bah N’Daw. Avec cette officialisation, le pouvoir transitoire se transforme en une légitimité présidentielle, établie sans passer par les urnes.
Une mesure radicale : la dissolution de tous les partis politiques
Autre annonce majeure issue des recommandations : la dissolution pure et simple de tous les partis politiques du pays. Selon les autorités, cette décision vise à « refonder l’État » et à corriger les « dérives du système politique antérieur ». Le Mali devient ainsi un pays sans partis reconnus, ce qui suscite de vives inquiétudes au sein de la société civile et de la communauté internationale.
Plusieurs acteurs dénoncent un recul démocratique, d’autant plus que le pluralisme politique avait été un pilier de la Constitution malienne depuis les années 1990.
Une tendance qui inquiète en Afrique de l’Ouest
Le cas malien vient s’ajouter à une liste grandissante de pays ouest-africains dirigés par des régimes militaires : Guinée, Burkina Faso, Niger… Tous semblent suivre une logique similaire : reporter les élections, réécrire les règles et prolonger leur pouvoir.
Les appels au retour à l’ordre constitutionnel se heurtent à la volonté des juntes de « sécuriser le pays » et de « reconstruire une gouvernance stable ». Mais à quel prix pour la démocratie ?
✍️ Barry Mamadou Alpha
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