Antananarivo, 17 octobre 2025 — Trois jours après la destitution d’Andry Rajoelina par l’Assemblée nationale, le colonel Michael Randrianirina a prêté serment ce vendredi à la Haute Cour constitutionnelle, devenant le nouveau « président de la refondation » de Madagascar. Cet officier supérieur, figure montante de l’armée, s’est imposé comme le visage d’une transition présentée comme un tournant historique pour la Grande Île.
Un militaire propulsé par la contestation
Chef d’une unité d’élite de l’armée, le CAPSAT, le colonel Randrianirina s’est fait connaître ces dernières semaines pour avoir appelé les soldats à refuser de tirer sur les manifestants, lors des mobilisations massives qui secouent le pays depuis la fin septembre. Ce geste symbolique lui a valu une large popularité au sein d’une jeunesse en colère, lassée de la pauvreté et de la répression politique.
Un « tournant historique » selon le nouveau dirigeant
Dans son discours d’investiture, le colonel Randrianirina a salué « un tournant historique » pour Madagascar. Il a promis de rompre avec « un régime autoritaire » accusé d’avoir plongé le pays dans la misère et les violations des droits humains.
« Nous devons rebâtir notre Nation sur la justice, la liberté et la solidarité », a-t-il déclaré, en s’engageant à travailler avec toutes les forces vives pour mener la « refondation nationale ».
Entre espoir et incertitude
L’investiture s’est déroulée en présence de diplomates étrangers, de hauts gradés de l’armée et d’anciennes figures politiques. Pour beaucoup, cette transition marque la fin d’une ère. Mais des observateurs s’interrogent déjà : cette « refondation » annoncée ouvrira-t-elle la voie à une véritable renaissance démocratique ou à une nouvelle période d’instabilité militaire ?
En attendant, la population malgache, portée par un vent d’espoir, semble prête à juger le colonel Randrianirina sur ses actes.
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✍️ Par Barry Mamadou Alpha
