Coup de tonnerre à Antananarivo ! L’Assemblée nationale malgache a voté, ce mardi 14 octobre 2025, la destitution du président Andry Rajoelina. Quelques heures plus tard, une unité militaire ralliée à la contestation populaire a déclaré « prendre le pouvoir », plongeant le pays dans une crise politique majeure.
Un vote sans appel
Réunis en session exceptionnelle, 131 députés ont voté pour la destitution du chef de l’État, contre 0 voix contre et 1 abstention. Ce vote historique intervient alors que Rajoelina avait, dans la matinée, tenté de dissoudre l’Assemblée nationale via un décret controversé publié sur la page Facebook de la présidence.
Un décret que les parlementaires ont jugé « dépourvu de base légale », l’accusant d’« abandon de poste », le président étant introuvable depuis plusieurs jours.
L’armée s’empare du pouvoir
Dans la foulée de la destitution, le colonel Michael Randrianirina, figure du mouvement militaire rallié à la contestation de la « Gen Z », a annoncé devant le palais présidentiel :
« Nous prenons le pouvoir à partir d’aujourd’hui. Nous dissolvons le Sénat et la Haute Cour constitutionnelle. L’Assemblée nationale, elle, continuera de fonctionner. »
Cette déclaration marque un tournant radical. L’armée, jusque-là divisée, semble désormais déterminée à assumer la transition politique. Le pays reste toutefois suspendu à la réaction de la Haute Cour constitutionnelle, seule habilitée à confirmer officiellement la destitution du président.
Un président affaibli et contesté
Rajoelina, déjà fragilisé par des semaines de manifestations massives menées par la jeunesse et la société civile, a dénoncé un « coup institutionnel ». Dans un message publié avant sa disparition, il appelait à « respecter la Constitution » et affirmait vouloir « rétablir l’ordre et renforcer la démocratie ».
Mais pour une large partie de la population, ce discours n’a pas suffi à apaiser la colère née de la crise économique, de la corruption et de la répression policière.
Et maintenant ?
L’avenir politique de Madagascar reste incertain.
Entre un président destitué mais non remplacé, une Assemblée déterminée à poursuivre son mandat, et une armée désormais aux commandes, le pays s’engage dans une période de forte instabilité institutionnelle.
Les regards se tournent vers la communauté internationale et les organisations régionales africaines, qui devraient réagir dans les heures à venir pour tenter de ramener le calme dans la Grande Île.
— Barry Mamadou Alpha pour LeCri24
