Après plus de trois semaines de procédure, le tribunal de première instance de Kaloum a rendu son verdict ce vendredi 28 août 2026. Momo Camara, Aboubacar Sidiki Camara et Aboubacar Yansané, tous responsables syndicaux à la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), ont été relaxés des poursuites engagées contre eux.
Les trois hommes étaient poursuivis pour outrage à agent, violences et voies de fait. Le parquet avait requis une amende d’un million de francs guinéens contre chacun, tandis que la partie civile réclamait 100 millions de GNF au titre des dommages et intérêts.
Le tribunal n’a finalement retenu aucune de ces demandes, estimant que les faits reprochés n’étaient pas suffisamment établis.
Une plainte qui reposait sur des versions contradictoires
L’affaire trouve son origine dans une démarche syndicale menée le 6 août dernier à Kaloum. Depuis plusieurs semaines, les représentants du personnel cherchaient à rencontrer le gouverneur de la BCRG, Karamo Kaba, au sujet du paiement de primes scolaires annoncées pour les travailleurs.
Ce jour-là, plusieurs syndicalistes se sont rendus au siège de la banque afin de solliciter une audience. La rencontre n’a toutefois pas eu lieu comme ils l’espéraient.
À l’audience, l’adjudant-chef Daouda Sankhon, chargé de la sécurité du gouverneur, avait affirmé que Momo Camara aurait forcé une porte après avoir été empêché d’entrer et que certains syndicalistes auraient tenté de s’en prendre aux agents de sécurité.
Mais au cours des débats, le plaignant a reconnu ne pas avoir personnellement été insulté ou agressé. Il a également déclaré entretenir de bonnes relations avec les responsables syndicaux concernés.
Ces éléments ont pesé dans l’appréciation du tribunal, qui n’a pas considéré comme suffisamment démontrés les faits matériels nécessaires pour retenir les infractions poursuivies.
Une victoire judiciaire, mais pas la fin du dossier
La décision met fin aux poursuites pénales contre les trois syndicalistes. Elle ne règle cependant pas le différend à l’origine de leur démarche.
La question des primes scolaires reste toujours en suspens. Depuis le début du mois d’août, les représentants des travailleurs réclament des réponses de leur hiérarchie sur cet engagement.
Contactés par LeCri24, la BCRG et le gouverneur Karamo Kaba n’ont pas donné suite à nos sollicitations. Le syndicat n’a pas non plus publié de réaction officielle à la décision au-delà des déclarations faites individuellement par les prévenus durant le procès.
Le dialogue social désormais au centre des attentes
La relaxe judiciaire pourrait donc ouvrir une nouvelle séquence. Si aucune condamnation pénale n’a été prononcée, d’éventuelles procédures disciplinaires internes restent théoriquement possibles.
Surtout, le problème initial demeure : les travailleurs attendent toujours une clarification sur le paiement des primes scolaires.
Au-delà du cas des trois syndicalistes, cette affaire pose ainsi la question de la place du dialogue social dans les institutions publiques. Après la bataille judiciaire, la prochaine étape pourrait désormais être celle de la négociation entre les représentants des travailleurs et la direction de la Banque centrale.
Pour Momo Camara, Aboubacar Sidiki Camara et Aboubacar Yansané, le procès s’achève par une relaxe. Pour les employés concernés par les primes scolaires, en revanche, l’attente continue.
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