Depuis plus de dix jours, le gaz butane se fait rare dans plusieurs points de vente de Conakry. À Kaporo comme à Lambanyi, commerçants et ménages peinent à s’approvisionner. Une situation qui ravive les inquiétudes sur la chaîne d’approvisionnement du pays.
À Kaporo, Abass Diallo attend toujours de pouvoir reprendre son activité. Vendeur de gaz, il affirme ne plus disposer de bouteilles pleines depuis plus d’une semaine. Malgré ses démarches auprès des fournisseurs, le produit reste introuvable.
Même constat au Carrefour Canadien, dans la commune de Lambanyi. Alhousseny Baldé explique que ses fournisseurs récupèrent régulièrement les bouteilles vides, mais celles-ci ne reviennent pas remplies. Selon lui, cette situation dure depuis une dizaine de jours, voire davantage.
Pour les ménages, la recherche devient également difficile. Sally Mané dit avoir parcouru plusieurs quartiers à la recherche d’une bouteille de gaz sans succès. Face à cette pénurie, elle s’est rabattue sur le charbon de bois, dont le sac se vend actuellement autour de 70 000 GNF.
Le ravitaillement annoncé tarde à rassurer
Le 25 août, l’espoir d’une amélioration avait pourtant été annoncé avec l’arrivée attendue d’un ravitaillement en gaz autour du 26 août.
Mais sur le terrain, les témoignages recueillis le 26 août en fin de journée faisaient encore état d’une situation tendue. Les points de vente restent confrontés au manque de produit et les consommateurs continuent de chercher des solutions alternatives.
Cette situation intervient quelques mois seulement après l’inauguration, le 25 avril 2026 à Forécariah, d’une unité présentée comme une étape importante dans le développement de la filière guinéenne du gaz butane.
L’investissement annoncé pour cette infrastructure s’élève à 10 millions de dollars, avec une capacité de production annoncée à un million de bouteilles par an. À cette occasion, le Fonds d’Appui à la Promotion du Gaz (FAPGAZ) avait également fixé un objectif national de consommation de 25 000 tonnes en 2026, contre environ 9 000 tonnes en 2025.
Une crise qui rappelle de précédents épisodes
La pénurie actuelle n’est pas un phénomène nouveau. Des difficultés similaires avaient déjà été signalées en janvier 2024, puis en mai 2025, dans un contexte marqué notamment par des tensions autour de l’approvisionnement et du fonctionnement de certains acteurs du secteur.
Pour l’heure, les causes précises de la rupture actuelle restent à établir.
LeCri24 a sollicité la FAPGAZ, les distributeurs concernés ainsi que le ministère du Commerce afin d’obtenir des explications sur l’origine de cette pénurie et sur le ravitaillement annoncé. Ces interlocuteurs n’avaient pas encore répondu au moment de la publication.
Production, transport ou distribution : où se situe le blocage ?
Plusieurs questions restent donc sans réponse.
Le ravitaillement annoncé le 25 août est-il effectivement arrivé à Conakry ? Quel volume a été débarqué ? Les infrastructures de production fonctionnent-elles normalement ? Et surtout, à quel niveau de la chaîne se situe le principal problème : production, transport, stockage ou distribution ?
Pour les commerçants et les familles, ces interrogations sont loin d’être théoriques. Chaque jour supplémentaire sans gaz signifie une activité économique paralysée pour les vendeurs et une dépense supplémentaire pour les ménages contraints de se tourner vers le charbon.
Alors que la Guinée cherche à développer l’utilisation du gaz butane comme alternative aux combustibles traditionnels, cette nouvelle rupture pose une question centrale : comment garantir un approvisionnement régulier et durable à Conakry et dans les autres villes du pays ?
En attendant des réponses officielles, les bouteilles vides continuent de s’accumuler et les consommateurs restent dans l’attente.
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