CONAKRY — La catastrophe survenue dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026 à la décharge de Dar-es-Salam plonge Conakry dans le deuil. Au moins 31 personnes ont perdu la vie après l’effondrement d’une partie du gigantesque site d’enfouissement, alors que plusieurs familles dormaient dans des habitations situées à proximité.
Selon le bilan provisoire communiqué par la Protection civile, six personnes ont été grièvement blessées et seize autres légèrement. Au moment où les opérations se poursuivaient, plusieurs habitants restaient portés disparus sous les amas de déchets.
Un premier éboulement, puis une seconde vague meurtrière
Le drame s’est produit aux alentours de 2 heures du matin, sous de fortes pluies.
D’après des témoignages recueillis sur place, un premier mouvement de terrain a provoqué l’ensevelissement de plusieurs habitations. Des riverains se sont alors rendus sur le site pour tenter de retrouver des survivants.
Mais alors que les opérations improvisées de secours avaient commencé, une nouvelle partie de la décharge s’est détachée. Cette seconde coulée a emporté plusieurs personnes venues aider les victimes.
Certains habitants ont ainsi perdu la vie en essayant de sauver leurs voisins.
Une fermeture annoncée… le jour même du drame
Une autre circonstance soulève aujourd’hui de nombreuses interrogations.
La décharge de Dar-es-Salam, considérée comme le principal dépotoir à ciel ouvert de la capitale, devait officiellement cesser ses activités dimanche 23 août, soit le jour même de l’effondrement.
Le lieutenant-colonel Baldé Mamadou Bailo, officier d’assainissement du bataillon du génie militaire, a confirmé cette échéance. Quelques jours auparavant, le ministre Aboubacar Camara avait annoncé le lancement des opérations devant permettre la délocalisation du site.
Pendant des années, une grande partie des déchets produits à Conakry y a été acheminée, malgré les risques associés à l’accumulation des déchets et à la présence d’habitations aux abords.
Le site avait déjà été au cœur d’un drame meurtrier en août 2017. Près de neuf ans plus tard, une nouvelle tragédie vient rappeler la persistance du problème.
Les secours mobilisés dans des conditions difficiles
Après l’effondrement, les services de l’État ont engagé d’importants moyens pour rechercher les disparus, secourir les blessés et dégager les victimes.
Les équipes de la Protection civile, les forces de défense et de sécurité, les services médicaux, la Croix-Rouge, les autorités locales ainsi que des habitants ont participé aux opérations.
Le gouvernement a présenté ses condoléances aux familles touchées et appelé la population à rester calme, à faire preuve de solidarité et à respecter les consignes des équipes de secours.
Cellou Dalein Diallo réclame des explications
La catastrophe a également suscité des réactions politiques.
L’ancien Premier ministre et dirigeant de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a exprimé sa solidarité envers les familles endeuillées et appelé à poursuivre activement les recherches.
Il demande également que les circonstances exactes du drame soient établies et que les éventuelles responsabilités soient déterminées.
La question de la fermeture annoncée du site, prévue précisément le jour de la catastrophe, fait notamment partie des interrogations soulevées.
Des questions auxquelles il faudra répondre
Au-delà du bilan humain, cette tragédie pose plusieurs questions essentielles.
Pourquoi des familles se trouvaient-elles toujours installées au pied d’un site dont la dangerosité était connue ? Quelles mesures avaient été prises pour protéger ou déplacer les riverains ? Si la fermeture était programmée, quelles dispositions avaient été prévues pour sécuriser la zone avant l’arrêt effectif des activités ?
Pour l’instant, les recherches restent prioritaires. Le bilan demeure provisoire et pourrait évoluer dans les prochaines heures.
Dar-es-Salam avait déjà averti par le passé. Cette nouvelle catastrophe impose désormais une réponse durable : sécurisation du site, relogement des populations exposées, gestion moderne des déchets et clarification des responsabilités.
LeCri24 suivra l’évolution du bilan et les suites données aux recherches et aux éventuelles enquêtes.
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