Les « grandes annonces » espérées par Mamadou Dian Baldé ont eu lieu. Elles ne ressemblaient pas à ce que beaucoup attendaient.
Ce dimanche 3 mai, à la Maison de la Presse de Dixinn, un document officiel a été lu publiquement. Signé par Aboubacar Camara, président du conseil d’administration de la Maison de la presse, il décernait à titre exceptionnel un « satisfecit » au président de la République, Mamadi Doumbouya. Motif : « sa sollicitude constante en faveur de la presse nationale de Guinée. »
Le président de la Haute Autorité de la Communication, Boubacar Yacine Diallo, a pris la parole dans le même sens. Il a salué le don d’un siège propre à la Maison de la Presse — après des années dans des locaux loués grâce au soutien des ambassades de France et des États-Unis. Un geste concret, a-t-il reconnu. Avant d’ajouter, dans la même phrase, que ce soutien de l’État « s’accompagne d’une exigence claire : celle d’une presse responsable, au service de la Nation. »
Cette formulation mérite d’être lue attentivement. Le chef de l’État donne un siège. L’État attend en retour une presse responsable. Ce n’est pas une menace. C’est peut-être une définition — et c’est précisément cette définition qui divise la profession depuis quatre ans.
Le même dimanche, à la même heure
Pendant que le satisfecit était lu à Dixinn, le classement de Reporters sans frontières publié quelques jours plus tôt continuait de circuler dans les rédactions guinéennes. RSF place la Guinée au 111e rang mondial. Son rapport parle d’un « régime issu du coup d’État de 2021 qui n’a pas tenu ses promesses. » Il cite la multiplication des sanctions et « la censure de médias au ton libre. »
Ces deux lectures de la presse guinéenne — le satisfecit d’un côté, le 111e rang de l’autre — coexistent. Elles ne se contredisent pas nécessairement sur les faits : le président a effectivement offert un siège à la Maison de la Presse. Les médias sont effectivement sous pression depuis plusieurs années. Les deux choses sont vraies en même temps.
Ce que la cérémonie du 3 mai 2026 a dit, au fond, c’est cela : en Guinée, on peut célébrer la liberté de la presse et la contraindre dans le même mouvement. Un siège neuf. Des chaînes encore suspendues. Un satisfecit. Un classement qui recule.
FIM, Espace et Djoma attendent toujours.
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