Dans une cérémonie solennelle organisée ce jeudi 6 novembre 2025 à Yaoundé, Paul Biya a prêté serment pour un huitième mandat consécutif à la tête du Cameroun. À 92 ans, le chef de l’État, au pouvoir depuis plus de quarante ans, a réaffirmé sa volonté de “continuer à servir le peuple camerounais dans la paix et la stabilité”.
Un serment sous haute tension
Entouré des plus hautes autorités du pays, de l’armée et des corps diplomatiques, Paul Biya a prononcé son serment devant l’Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel. “Je jure devant Dieu et devant la Nation camerounaise de remplir loyalement les hautes fonctions qui me sont confiées”, a-t-il déclaré, reprenant la formule consacrée par la Constitution.
Mais cette prestation de serment s’est déroulée dans un climat tendu. L’opposition continue de contester les résultats du scrutin présidentiel d’octobre, dénonçant “fraudes massives” et “verrouillage du système électoral”. Plusieurs observateurs internationaux, bien que prudents dans leurs commentaires, ont souligné le manque de transparence du processus.
Une longévité politique exceptionnelle
Arrivé au pouvoir en 1982 après la démission d’Ahmadou Ahidjo, Paul Biya est aujourd’hui le plus ancien dirigeant en exercice du continent africain. Malgré les critiques sur son âge avancé et la gouvernance de son régime, il reste une figure incontournable du paysage politique camerounais.
Selon les résultats officiels publiés par le Conseil constitutionnel, Biya a remporté le scrutin avec plus de 70 % des suffrages exprimés, face à une opposition fragmentée. Son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), conserve une mainmise totale sur les institutions.
Entre continuité et incertitudes
Dans son discours d’investiture, le président a promis de “poursuivre la marche vers le développement, la sécurité et l’unité nationale”, tout en appelant à “l’unité des Camerounais face aux défis du terrorisme et de la division”.
Cependant, dans les rues de Douala et de Yaoundé, les réactions sont partagées. Certains saluent la “stabilité” incarnée par le chef de l’État, d’autres expriment leur lassitude face à un pouvoir “sans alternance”.
Et après ?
À 92 ans, Paul Biya entame ce nouveau mandat dans un contexte social et économique délicat : inflation persistante, tensions dans les régions anglophones, et défi démographique croissant.
Pour beaucoup d’analystes, ce huitième mandat pourrait être le dernier grand chapitre d’une ère, celle d’un dirigeant dont le règne a marqué l’histoire du Cameroun contemporain.
— LeCri24
