Le mercredi 28 octobre 2026, à Erevan, en Arménie, en marge de la COP 17 sur la biodiversité, le ministère de l’Environnement et du Développement durable a reçu une équipe de la Banque africaine de développement (BAD). Au menu : la place de la biodiversité en Guinée dans les stratégies d’investissement de l’institution. Au-delà des déclarations, ces échanges déboucheront-ils sur des financements concrets pour le pays ?
Une audience en marge de la COP 17
Au-delà du cadre diplomatique, la rencontre pose une question simple pour le lecteur guinéen : qui paiera pour protéger la nature et les forêts du pays ? Selon le ministère, le ministre Fassou Théa a reçu en audience une haute équipe de la BAD. Les échanges ont porté sur la manière d’intégrer, dans les choix d’investissement de la banque, les enjeux du climat, la préservation de la nature et les exigences environnementales propres à la Guinée.
Mais le communiqué ne précise ni le nombre de membres de la délégation, ni leur identité, à l’exception d’Al Hamndou Dorsouma, qui dirige la division consacrée au climat et à la croissance verte au sein de la BAD.
Ce que demande la BAD pour la biodiversité en Guinée
M. Dorsouma a salué les efforts de la Guinée. Selon lui, « Le pays fait déjà des efforts très importants et des progrès ont été présentés par Monsieur le ministre ». Il a demandé que ces priorités soient inscrites dans la future stratégie pays qui lie la Guinée à la banque.
Il a aussi exhorté les ministères guinéens, en particulier celui de l’Économie et des Finances, à faire de la biodiversité le cœur du développement national. Il a cité le bassin du fleuve Konkouré comme chantier prioritaire, car les grandes infrastructures énergétiques y posent des défis environnementaux majeurs.
Sur le plan financier, la BAD envisage de mobiliser les fonds multilatéraux, comme le Fonds vert pour le climat, en les combinant avec ses propres ressources. Elle compte aussi sur le marché du carbone, où la Guinée dispose, selon elle, d’un important potentiel. M. Dorsouma y voit un domaine où l’on peut « lever des ressources sans dégrader les terres ni les forêts ».
Le Konkouré, entre barrages et reboisement : quels actes ?
Du côté guinéen, Fassou Théa a présenté la vision du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, transcrite dans Simandou 2040. Il a demandé que la transformation des ressources naturelles au bénéfice des communautés concilie développement et conservation.
Le ministre a cité les barrages construits ou en construction sur le Konkouré, notamment à Amaria. Selon lui, ils pèsent sur le climat et sur la vie des communautés. Il a annoncé que reboiser massivement est devenu une priorité absolue du gouvernement. Il a également réitéré l’ambition du pays de valoriser son statut de « réservoir de carbone » afin d’attirer d’importants financements internationaux.
Ces annonces dessinent une convergence entre la banque et le gouvernement sur le Konkouré. Mais une audience n’est pas un engagement de financement. Il serait prématuré de conclure que des fonds sont acquis, d’autant que le communiqué ne mentionne aucun montant ni aucun projet retenu.
Les questions ouvertes
Plusieurs points restent à éclaircir. Quel sera le calendrier de la future stratégie pays entre la Guinée et la BAD ? Quels projets concrets seront retenus, et pour quels montants ? Comment le ministère de l’Économie et des Finances, directement interpellé, répondra-t-il à cet appel ? Le communiqué ne dit rien non plus des dates ni des modalités du reboisement annoncé dans la vallée du Konkouré, ni du contenu détaillé de Simandou 2040.
Les réponses diront si cette rencontre de la COP 17 reste une déclaration d’intention ou devient un levier réel pour la biodiversité en Guinée et pour les communautés riveraines du fleuve.
Et vous, quelles actions concrètes attendez-vous pour protéger la vallée du Konkouré ?
— La Rédaction