Cent soixante-treize militaires viennent d’être exclus des effectifs des forces armées guinéennes. La décision, prise par décrets présidentiels et annoncée lundi 24 août, intervient alors que le ministère de la Défense ouvre parallèlement un concours destiné à recruter des médecins et des ingénieurs.
Des radiations pour désertion
L’annonce a été faite à la télévision nationale par le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la Présidence. Les décrets s’appuient sur les articles 24 et 25 du Statut général des militaires.
Les personnes concernées appartiennent à plusieurs composantes des forces de défense, notamment la Gendarmerie, le Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA) et le Groupement des forces spéciales.
Parmi les noms figurant sur les listes publiées se trouve celui du commandant Michel Lamah, matricule 28052 G, membre du Groupement des forces spéciales. Cet officier avait notamment été identifié dans les événements du 5 septembre 2021, lors du renversement du président Alpha Condé.
Des zones d’ombre sur la période concernée
Si le nombre de militaires radiés est désormais connu, plusieurs éléments restent à préciser.
Les autorités n’ont pas indiqué sur quelle période les faits de désertion ont été constatés. Les décrets publiés donnent les noms et matricules des militaires concernés, mais ne précisent pas, pour chacun, la date à laquelle la désertion aurait été constatée ni l’ensemble des unités d’affectation.
Le nombre de 173 radiations soulève également des interrogations sur l’ampleur du phénomène au sein des forces armées. Aucun chiffre officiel n’a, pour l’heure, été communiqué pour permettre de mesurer cette proportion par rapport aux effectifs concernés.
Un concours de recrutement annoncé le même jour
Autre annonce faite lundi : le ministère de la Défense prévoit un concours destiné à intégrer de nouveaux profils, notamment des médecins et des ingénieurs.
Pour l’instant, les autorités n’ont établi aucun lien officiel entre cette campagne de recrutement et les radiations annoncées le même jour. Le nombre de postes disponibles n’a pas non plus été précisé.
Il pourrait donc s’agir de deux décisions relevant de logiques différentes : d’un côté, une mesure disciplinaire concernant des militaires accusés de désertion ; de l’autre, un renforcement des compétences techniques au sein des forces armées.
Des réponses attendues
Au-delà de la publication des listes, plusieurs questions restent ouvertes. Les autorités pourraient notamment préciser la période couverte par les cas de désertion, les procédures engagées contre les militaires concernés et les conséquences administratives ou judiciaires éventuelles de ces radiations.
Le recrutement annoncé pourrait également permettre de mieux comprendre les besoins actuels des forces armées, notamment en matière de compétences médicales et techniques.
Pour l’heure, les décrets établissent la radiation de 173 militaires pour désertion, sans apporter davantage de précisions sur le contexte individuel de chaque cas.
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