CONAKRY – Ce 1er juin 2026, la Guinée célèbre la Journée de l’enfant africain, une date dédiée à la défense des droits des enfants sur le continent. Mais cette commémoration intervient dans un contexte particulier à Conakry, où une opération de retrait des enfants vivant dans les rues de la capitale continue de susciter des interrogations.
Instituée par l’Organisation de l’Unité Africaine en mémoire des élèves de Soweto tombés lors des manifestations du 16 juin 1976 en Afrique du Sud, cette journée est devenue un symbole de la lutte pour la protection et l’épanouissement des enfants africains.
Une opération menée à Conakry sans bilan officiel
Dans la nuit du 22 mai dernier, une opération conduite sous la supervision du procureur spécial près le tribunal pour enfants de Conakry, Cé Avis Gamy, a permis de retirer plusieurs enfants des rues de la capitale.
L’initiative avait été saluée par de nombreux citoyens préoccupés par la présence croissante de mineurs en situation de vulnérabilité dans les carrefours, marchés et axes routiers de Conakry.
Cependant, dix jours après cette intervention, aucun bilan officiel n’a été rendu public. Le nombre exact d’enfants concernés, les centres d’accueil mobilisés ainsi que les mesures d’accompagnement mises en place n’ont pas encore été communiqués aux médias ni à l’opinion publique.
Une réalité préoccupante pour des milliers d’enfants
La situation des enfants demeure l’un des défis majeurs du développement en Guinée. Selon plusieurs données disponibles, les enfants représentent plus de la moitié de la population nationale.
La malnutrition chronique touche encore des centaines de milliers d’enfants de moins de cinq ans. Les phénomènes de mendicité, de travail précoce, de déscolarisation et de violences à l’encontre des mineurs continuent également d’affecter de nombreuses familles à travers le pays.
Dans ce contexte, retirer des enfants de la rue constitue une étape importante. Mais pour les défenseurs des droits de l’enfant, la véritable réussite d’une telle opération se mesure à la qualité de la prise en charge qui suit.
Les questions restent nombreuses : ces enfants bénéficient-ils d’un suivi médical ? Ont-ils retrouvé le chemin de l’école ? Ont-ils été réintégrés dans leurs familles ou placés dans des structures adaptées à leurs besoins ?
Des réponses attendues des autorités
À l’occasion de cette Journée de l’enfant africain, plusieurs voix appellent les autorités à faire preuve de davantage de transparence sur les suites de l’opération du 22 mai.
LeCri24 renouvelle ainsi son appel au parquet spécial des mineurs ainsi qu’au ministère de l’Action sociale afin qu’un bilan détaillé soit présenté à la population.
Au moment où la Guinée vient de franchir une étape politique importante avec les élections législatives et communales du 31 mai, la question de la protection des enfants les plus vulnérables mérite également une place centrale dans les priorités nationales.
L’avenir d’un pays se mesure à celui de ses enfants
Au-delà des cérémonies et des discours, la Journée de l’enfant africain rappelle une réalité essentielle : le développement d’une nation dépend de la manière dont elle protège, éduque et accompagne ses enfants.
Pour de nombreux Guinéens, la meilleure célébration de cette journée serait de voir chaque enfant accéder à l’éducation, à la santé, à la sécurité et à un environnement lui permettant de construire son avenir dans la dignité.
💬 Selon vous, quel est aujourd’hui le principal défi auquel sont confrontés les enfants guinéens ?
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