CONAKRY — Dans la nuit du vendredi 22 mai 2026, une opération a changé le quotidien de nombreux enfants de la rue Conakry. Le procureur spécial près le tribunal pour enfants de la capitale, Cé Avis Gamy, a lancé une vaste opération de retrait des enfants vivant dans les rues de Conakry. L’annonce a été faite par les autorités judiciaires elles-mêmes. Cependant, à l’heure de publication de cet article, le bilan de cette nuit reste inconnu du public.
Ce que l’on sait sur l’opération de retrait des enfants de la rue Conakry
L’opération a été menée de nuit. C’est le procureur spécial du tribunal pour enfants, Cé Avis Gamy, qui a personnellement supervisé l’intervention. Ce choix de l’heure nocturne n’est pas anodin. Dans les rues de Conakry, les enfants dorment souvent à l’air libre, dans les marchés fermés, sous les auvents des boutiques ou dans les couloirs de certains bâtiments publics. La nuit est le moment où ils sont les plus facilement localisables et les plus vulnérables.
Aucun chiffre n’a été communiqué officiellement. Combien d’enfants ont été pris en charge ? Quel âge avaient-ils ? D’où venaient-ils ? LeCri24 a sollicité le parquet spécial des mineurs ce matin. Aucune réponse n’était disponible au moment de la publication de cet article.
Enfants de la rue Conakry : une réalité documentée depuis des années
Les enfants de la rue à Conakry ne sont pas un phénomène nouveau. Plusieurs rapports d’organisations nationales et internationales ont documenté leur présence dans les communes de Kaloum, Matam, Dixinn et Ratoma. Beaucoup ont fui des situations de violence familiale. D’autres sont des talibés, des enfants confiés à des maîtres coraniques et obligés de mendier dans la rue pour ramener de l’argent. D’autres encore ont simplement perdu tout lien avec leur famille.
En mars 2026, le gouvernement guinéen avait annoncé une réforme du cadre légal de protection de l’enfance. L’opération du 22 mai s’inscrit dans la continuité de ces déclarations d’intention. Pourtant, l’écart entre l’annonce d’une opération et sa mise en œuvre effective dépend d’une chose essentielle : les structures d’accueil.
La vraie question : où vont ces enfants après le retrait ?
Retirer un enfant de la rue, c’est un premier geste. Encore faut-il qu’un endroit l’attende. En Guinée, les centres d’accueil pour enfants en situation de vulnérabilité manquent de places, de personnel formé et de financement stable. Si l’opération du 22 mai a conduit ces enfants vers des foyers adaptés, c’est une avancée concrète. Si elle les a déplacés sans solution durable, ils seront de retour dans les rues dans quelques jours.
C’est précisément cette question que LeCri24 a posée au procureur Cé Avis Gamy : quelles structures ont accueilli ces enfants, dans quelles conditions, et pour combien de temps ? La réponse déterminera si cette opération est le début d’une politique ou simplement une action ponctuelle.
Cet article sera mis à jour dès réception d’une réponse officielle du parquet des mineurs de Conakry.
💬 Avez-vous observé des enfants de la rue dans votre commune à Conakry ? Pensez-vous que les opérations de retrait suffisent sans centres d’accueil adaptés ?
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