L’inquiétude grandit autour d’une nouvelle flambée du virus Ebola en Afrique centrale. Face à la progression rapide de l’épidémie en République démocratique du Congo et en Ouganda, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a activé, dimanche 17 mai, son deuxième niveau d’alerte sanitaire internationale.
Selon les données communiquées par les autorités sanitaires et relayées par l’OMS, 246 cas suspects ont déjà été recensés au 16 mai, dont 88 décès. Plus alarmant encore : un cas confirmé a été détecté à Kinshasa, tandis qu’un voyageur revenu de la province congolaise de l’Ituri est décédé à Kampala, en Ouganda.
Le variant identifié est celui de Bundibugyo, une souche particulièrement préoccupante en raison de l’absence actuelle de vaccin homologué. Cette situation ravive les craintes d’une propagation régionale dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est et de l’Ouest.
L’OMS appelle les États à renforcer immédiatement les dispositifs de surveillance sanitaire, notamment dans les aéroports, ports et postes frontaliers, tout en évitant la fermeture des frontières afin de limiter les perturbations économiques et humanitaires.
La Guinée, déjà marquée par plusieurs épisodes d’Ebola, connaît bien la menace. En 2021, le pays avait réussi à contenir une épidémie localisée ayant causé 23 cas et 12 décès en moins de trois mois grâce à une mobilisation rapide des équipes sanitaires, au suivi des contacts et à l’appui international.
Cette expérience constitue aujourd’hui un atout majeur. Mais pour plusieurs observateurs du secteur sanitaire, la rapidité d’anticipation reste essentielle face à une maladie aussi contagieuse et mortelle.
À l’heure actuelle, aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités sanitaires guinéennes concernant un éventuel renforcement des contrôles ou des mesures préventives. LeCri24 a toutefois sollicité l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) afin d’obtenir des précisions sur les dispositions envisagées.
Dans un contexte de mobilité accrue entre les pays africains, les spécialistes redoutent surtout une propagation silencieuse du virus à travers les déplacements transfrontaliers. Les prochaines heures pourraient donc être décisives pour les systèmes de surveillance de la sous-région.
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