Le Président de la transition guinéenne Mamadi Doumbouya a effectué une tournée diplomatique intense entre Nairobi et Kigali du 10 au 15 mai, marquée par une série de rencontres de haut niveau et des annonces économiques à fort potentiel pour la Guinée.
En cinq jours, le chef de l’État a enchaîné sommets, entretiens bilatéraux et forums économiques, dans un contexte où la Guinée cherche à renforcer son attractivité et à accélérer la transformation de ses ressources naturelles.
Nairobi : la Guinée cherche à s’imposer dans les nouvelles alliances économiques
Au sommet Africa Forward, organisé autour des débats sur la refonte des partenariats entre l’Afrique et l’Europe, Mamadi Doumbouya a porté la vision de la Guinée centrée sur la transformation locale des ressources, notamment à travers le projet Simandou.
En marge des travaux, il a échangé avec le président français Emmanuel Macron, ainsi qu’avec plusieurs figures influentes du monde économique africain et international, dont Aliko Dangote et la secrétaire générale de la Francophonie Louise Mushikiwabo.
Selon les communications officielles, les discussions ont porté sur les réformes en cours en Guinée et sur les perspectives d’investissement liées aux grandes ressources du pays. La déclaration finale du sommet évoque plus de 23 milliards d’euros d’intentions d’investissement à l’échelle du continent, sans répartition détaillée par pays.
Kigali : la Guinée met en avant sa nouvelle stratégie d’investissement
Deuxième étape de la tournée, Kigali a accueilli l’Africa CEO Forum, considéré comme l’un des principaux rendez-vous économiques du continent. Cette édition a réuni plusieurs chefs d’État, dont Paul Kagame, Bola Tinubu et Mamadi Doumbouya.
La Guinée y a présenté un nouvel outil stratégique : le Guinea Development Board, conçu comme guichet unique pour les investisseurs et regroupant plusieurs structures publiques sous une coordination centralisée.
Ce dispositif vise à simplifier les procédures et à améliorer l’accueil des capitaux étrangers, dans un pays où la lourdeur administrative reste souvent pointée comme un frein aux affaires.
Une reconnaissance internationale du modèle guinéen
Au-delà des discours politiques, un signal fort est venu du secteur financier international. Le responsable de la Société Financière Internationale (IFC), Makhtar Diop, a cité la Guinée comme exemple d’un pays engagé simultanément dans la promotion du contenu local, le développement du capital humain et le soutien aux entreprises nationales.
Une reconnaissance symbolique qui place la Guinée dans le champ de vision des grands bailleurs et investisseurs, même si aucune garantie n’est donnée sur la matérialisation immédiate des engagements annoncés.
Entre annonces et réalité : l’épreuve du concret
Si cette tournée diplomatique renforce la visibilité internationale de la Guinée, plusieurs questions restent ouvertes. Quels projets verront réellement le jour après ces rencontres ? Quelle part des engagements annoncés se traduira en investissements effectifs sur le terrain ?
Dans les prochains mois, la crédibilité de cette offensive économique dépendra moins des déclarations que des premiers projets concrets lancés sur le sol guinéen.
Car au final, la diplomatie économique ne se mesure pas aux sommets… mais aux chantiers qu’elle fait naître.
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