Partie de Guinée avec l’espoir d’une vie meilleure, Mariama Bende Diallo vit aujourd’hui un véritable cauchemar en Mauritanie. Bloquée dans la ville minière de Zouerate, au nord du pays, cette Guinéenne fait partie de nombreux compatriotes coincés dans une situation humanitaire alarmante : sans ressources, sans papiers et sans possibilité de rentrer chez eux.
Des Guinéens abandonnés dans une ville minière isolée
Zouerate n’est pas une ville comme les autres. Située au cœur du désert mauritanien, à des centaines de kilomètres des grandes frontières, cette cité minière est connue pour son isolement extrême. Pour ceux qui n’ont ni emploi stable ni documents administratifs, la survie y devient presque impossible.
C’est précisément la situation que vivent aujourd’hui plusieurs dizaines de Guinéens installés dans cette région. Selon leurs témoignages, ils vivent dans la peur permanente des contrôles policiers, avec très peu de nourriture et sans accès à des services essentiels.
« Nous ne pouvons même pas rester au bord de la route sans risquer d’être arrêtés », raconte Mariama Bende Diallo, l’une des voix qui s’élèvent désormais pour alerter les autorités guinéennes.
Un retour en Guinée devenu presque impossible
Le paradoxe est cruel pour ces migrants. Beaucoup souhaitent rentrer en Guinée, mais les obstacles administratifs et sécuritaires rendent le voyage quasiment irréalisable.
Pour quitter Zouerate, il faut d’abord rejoindre Nouakchott, la capitale mauritanienne, avant de tenter de rallier une frontière permettant le retour vers l’Afrique de l’Ouest, notamment celle de Rosso ou du Mali. Mais à chaque barrage, l’absence de carte de séjour peut entraîner arrestation, refoulement ou détention.
Résultat : ces Guinéens se retrouvent pris dans un piège.
Ils ne peuvent pas rester légalement.
Mais ils ne peuvent pas non plus partir.
Une crise migratoire déjà signalée
La situation des ressortissants guinéens en Mauritanie ne date pas d’hier. Ces dernières semaines, les autorités mauritaniennes ont intensifié les opérations visant les étrangers en situation irrégulière. Plusieurs centaines de migrants ont ainsi été expulsés, dont de nombreux Guinéens.
Certains ont été abandonnés à Rosso, à la frontière sénégalo-mauritanienne, souvent sans abri ni moyens de subsistance.
Face à cette crise, le gouvernement guinéen avait envoyé une mission officielle pour évaluer la situation des ressortissants en difficulté, notamment à Rosso et à Nouadhibou. Mais sur le terrain, plusieurs témoignages indiquent que certains Guinéens n’ont pas bénéficié de ces opérations, notamment ceux coincés dans des villes plus éloignées comme Zouerate.
Un appel direct au président Doumbouya
Aujourd’hui, les migrants guinéens concernés adressent un message clair aux autorités de Conakry, en particulier au président Mamadi Doumbouya.
Ils demandent trois actions urgentes :
- l’intervention diplomatique de l’ambassade de Guinée en Mauritanie ;
- l’identification des Guinéens bloqués dans les différentes villes ;
- l’organisation d’un rapatriement volontaire pour ceux qui souhaitent rentrer au pays.
Pour ces ressortissants, l’espoir repose désormais sur une réaction rapide de l’État guinéen.
Une réalité plus profonde : l’exil économique
Au-delà de l’urgence humanitaire, cette situation révèle une réalité plus large. Chaque année, de nombreux jeunes Guinéens quittent leur pays pour chercher du travail à l’étranger, souvent dans des conditions précaires.
Mauritanie, Maroc, Libye ou encore routes migratoires vers l’Europe : ces destinations deviennent des refuges économiques pour des citoyens confrontés au manque d’opportunités.
Le cas de Mariama Bende Diallo symbolise ainsi une problématique plus profonde : celle de l’exode économique et de la vulnérabilité des migrants africains.
L’urgence d’une réponse officielle
Pour les Guinéens bloqués dans le nord de la Mauritanie, le temps presse. Sans assistance diplomatique ou humanitaire, leur situation risque de se détériorer encore davantage.
Dans l’attente d’une réponse officielle, leur message reste simple : être entendus et retrouver la possibilité de rentrer dignement chez eux.
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