Bujumbura, 30 avril 2025 – Le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, relance les accusations contre le Rwanda, qu’il soupçonne de chercher à déstabiliser son pays en abritant des exilés politiques impliqués dans le coup d’État manqué de 2015.
Lors d’une allocution tenue ce mardi, le chef de l’État burundais a affirmé détenir des preuves tangibles de la présence et de l’implication de ces individus sur le territoire rwandais. Il demande leur extradition immédiate afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice burundaise.
« Tant que ces criminels ne sont pas jugés, notre stabilité reste menacée », a-t-il déclaré, appelant à une coopération judiciaire sans équivoque.
Des tensions persistantes malgré des gestes diplomatiques
Malgré une reprise timide du dialogue entre Bujumbura et Kigali, amorcée ces derniers mois sous l’impulsion de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), la méfiance reste vive. Le président Ndayishimiye considère que la situation reste fragile, dénonçant ce qu’il qualifie de double discours rwandais.
Ces accusations ne sont pas nouvelles. Déjà en 2022, le gouvernement burundais avait dénoncé le soutien logistique présumé de Kigali à des groupes rebelles actifs dans les montagnes de l’ouest burundais. Le Rwanda, de son côté, a toujours rejeté ces affirmations, les qualifiant d’« infondées et contre-productives ».
Un climat sécuritaire tendu
Cette sortie présidentielle intervient alors que la région des Grands Lacs fait face à une recrudescence d’incidents frontaliers, notamment entre le Rwanda et la RDC, exacerbant les tensions interétatiques.
Pour les observateurs, la stabilité du Burundi est encore fragile, dix ans après la tentative de putsch qui avait plongé le pays dans une grave crise politique.
✍️ Barry Mamadou Alpha
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